Rockomotives 2010

Rockomotives 2010

du 23 octobre au 1er novembre 2010 - Vendôme

  1. Peter Doherty

God save the rock.

Marc Minelli:  Chanteur, Vendômois, Musicien-compositeur, Réalisateur et DJ. (http://www.myspace.com/marcminelli).
Philosophie ? Freedom sur toute la ligne, garder sa petite lumière intérieure en toutes circonstances.

Peter Doherty ?  Difficile. Que dire si ce n’est que j’ai certainement tous ses disques à la maison, pas les siens, non, sauf un, mais ceux qui constituent sa discothèque, oui. Ce mec s’inscrit dans la plus pure tradition British et c’est pas plus mal, car anyway il y a toujours eu un Doherty voyou et génial en Angleterre et ceci depuis Brian Jones. On se rappelle du mec de Pulp, (comment s’appelle-t-il déjà ?), de Lennon, des Gallagher Noël et Liam, de Bernard Butler (Suede) et d’autres. A mon avis c’est plus vers les Kinks qu’il faut le chercher pour Peter, son album respire “Dandy” et “Dead end Street”, “Starstruck” et “Waterloo sunset”. Sa voix Ray Davies, on y entend ces chroniques du vrai London underground comme si on y était, mais avec un petit supplément. Peut être les années 2000, peut être les drogues ingurgitées ou les verres renversés sur des groupies “victimes de la mode”, who knows? En tous cas il reste à l’heure qu’il est le pur vrai rocker UK contemporain, le seul peut être dont les manières à la Johnny Thunders n’auront pas eu raison, non ! Tout au plus auront-elles fait la légende d’un vrai artiste finalement, chanteur, musicien et écrivain qui à son actif a eu deux groupes (et pas des moindres!) : les Libertines et Babyshambles, quelques collaborations fumantes (Wolfman, the streets…) et un album totalement magique…
En ces temps de rébellion et juste avant le combat de rue c’est parfait…!

Jocelyn Borde, l’interview lunettes noires.

JB :  Franchement, tu peux nous le dire. Depuis le début tu préférais Carl Barat dans les Libertines ?

MM : Ni l’un ni l’autre en fait car je ne me suis intéressé aux Libertines que très tard, mais je les trouvais “cute” sur la pochette du disque.  Il ne manquait que des jouets d’enfants….

JB : Doit-on remercier Jean Luc Delarue car grâce à lui Peter Doherty passe pour un saint auprès de la ménagère de moins de 50 ans ?

MM : On ne remerciera jamais assez Delarue, grâce à lui on sait ce qui se passe à la télé et d’un autre côté la télé n’existe que si on la regarde. Je crois qu’on est arrivés à un tel degré de médiocrité qu’on peut s’en passer. Mais Delarue était sympa quand il bossait à Canal, il venait même à nos concerts, nous parlait, c’est dire, la télé l’a tué !

JB : Keith Richards dans sa dernière biographie met en garde Peter et Amy contre la drogue puis explique ensuite qu’il a sniffé les cendre de son père. Ne penses-tu pas qu’il devrait plutôt donner des conseils à des artistes dits cleans ?

MM : Son père? Fichtre, on a eu chaud, çà aurait pu être les culottes de sa fille…!  Keith Richards était un must dans les années 70, le summum de la classe, il a fait l’apologie de l’héro pendant des années et des tas de gens sont morts ou sont restés scotchés grâce à lui n’oublions pas, mais quoiqu’il en soit il a aussi été un sacré musicien et la moitié des Rolling Stones, ce n’est pas rien… Bon, et maintenant? Depuis quand n’a-t-il pas composé une bonne chanson?  30 ans? Sans rire Amy et Peter ont sorti les albums les plus importants des années 2000, eux pourraient peut être lui en donner des conseils, la roue tourne….

En concert le 29 Octobre 2010 au Minotaure de Vendôme.

Vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=3h_9HeRd6eI

    Peter Doherty

    God save the rock.

    Marc Minelli:  Chanteur, Vendômois, Musicien-compositeur, Réalisateur et DJ. (http://www.myspace.com/marcminelli).

    Philosophie ? Freedom sur toute la ligne, garder sa petite lumière intérieure en toutes circonstances.

    Peter Doherty ?  Difficile. Que dire si ce n’est que j’ai certainement tous ses disques à la maison, pas les siens, non, sauf un, mais ceux qui constituent sa discothèque, oui. Ce mec s’inscrit dans la plus pure tradition British et c’est pas plus mal, car anyway il y a toujours eu un Doherty voyou et génial en Angleterre et ceci depuis Brian Jones. On se rappelle du mec de Pulp, (comment s’appelle-t-il déjà ?), de Lennon, des Gallagher Noël et Liam, de Bernard Butler (Suede) et d’autres. A mon avis c’est plus vers les Kinks qu’il faut le chercher pour Peter, son album respire “Dandy” et “Dead end Street”, “Starstruck” et “Waterloo sunset”. Sa voix Ray Davies, on y entend ces chroniques du vrai London underground comme si on y était, mais avec un petit supplément. Peut être les années 2000, peut être les drogues ingurgitées ou les verres renversés sur des groupies “victimes de la mode”, who knows? En tous cas il reste à l’heure qu’il est le pur vrai rocker UK contemporain, le seul peut être dont les manières à la Johnny Thunders n’auront pas eu raison, non ! Tout au plus auront-elles fait la légende d’un vrai artiste finalement, chanteur, musicien et écrivain qui à son actif a eu deux groupes (et pas des moindres!) : les Libertines et Babyshambles, quelques collaborations fumantes (Wolfman, the streets…) et un album totalement magique…

    En ces temps de rébellion et juste avant le combat de rue c’est parfait…!

    Jocelyn Borde, l’interview lunettes noires.

    JB : Franchement, tu peux nous le dire. Depuis le début tu préférais Carl Barat dans les Libertines ?

    MM : Ni l’un ni l’autre en fait car je ne me suis intéressé aux Libertines que très tard, mais je les trouvais “cute” sur la pochette du disque. Il ne manquait que des jouets d’enfants….

    JB : Doit-on remercier Jean Luc Delarue car grâce à lui Peter Doherty passe pour un saint auprès de la ménagère de moins de 50 ans ?

    MM : On ne remerciera jamais assez Delarue, grâce à lui on sait ce qui se passe à la télé et d’un autre côté la télé n’existe que si on la regarde. Je crois qu’on est arrivés à un tel degré de médiocrité qu’on peut s’en passer. Mais Delarue était sympa quand il bossait à Canal, il venait même à nos concerts, nous parlait, c’est dire, la télé l’a tué !

    JB : Keith Richards dans sa dernière biographie met en garde Peter et Amy contre la drogue puis explique ensuite qu’il a sniffé les cendre de son père. Ne penses-tu pas qu’il devrait plutôt donner des conseils à des artistes dits cleans ?

    MM : Son père? Fichtre, on a eu chaud, çà aurait pu être les culottes de sa fille…!  Keith Richards était un must dans les années 70, le summum de la classe, il a fait l’apologie de l’héro pendant des années et des tas de gens sont morts ou sont restés scotchés grâce à lui n’oublions pas, mais quoiqu’il en soit il a aussi été un sacré musicien et la moitié des Rolling Stones, ce n’est pas rien… Bon, et maintenant? Depuis quand n’a-t-il pas composé une bonne chanson?  30 ans? Sans rire Amy et Peter ont sorti les albums les plus importants des années 2000, eux pourraient peut être lui en donner des conseils, la roue tourne….

    En concert le 29 Octobre 2010 au Minotaure de Vendôme.

    Vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=3h_9HeRd6eI

  2. PIANO CHAT

    Chat perché.

     

    Bonjour, je m’appelle Raphaël, je fais de la musique sous le nom de “zoën” (http://www.myspace.com/zo3n) . Tête en l’air, naïf et rêveur pleinement assumé de 30 ans, j’habite à Tours depuis ma naissance. 

    J’ai d’abord découvert Marceau via le myspace de son ancien groupe, l’incroyable “Ladybird LALA Band”, (http://www.myspace.com/ladybirdmusic).
    Un groupe de post-rock avec des morceaux d’une beauté déconcertante, de ceux qui nous emportent vers le lointain, le presque palpable. Ensuite, un soir de Février, au Donald’s Pub, un pote Américain (Astronautalis, http://www.myspace.com/astronautalis) y fait un concert. La première partie s’appelle Piano chat. Je ne connais pas du tout.
    Là sur scène, je découvre un mec, seul, une guitare, un looper, et une batterie super réduite. Mais surtout, je découvre une performance incroyable, un truc blindé de mélodies pop, très minimaliste et tout plein de sueur. Étonnant, captivant, beau, dès que je peux aller le voir, je me déplace, et c’est à chaque fois un vrai moment de communion entre le public et lui. Depuis, nous nous voyons régulièrement pour boire des coups et discuter musique. Notamment au studios avec toute la clique : Funken, les Pneu, Boogers et bien d’autres. Avec Marceau, nous avons d’ailleurs un projet Ragga-Pop sous le nom de “Slip de Bain”, mais nous somme toujours à la recherche d’un producteur.

    Jocelyn Borde, la Brigitte Bardot Brune.

    JB : Piano Chat c’est car Marceau a regardé trop de vidéos sur You Tube avec des chats ? (Je le comprends les déclinaisons sont multiples : on peut les voir faire su skate, jouer au docteur, etc etc. Un jour les chats gouverneront le monde, ou alors les chinois).

    RZ : C’est vers l’age de 15 ans, un jour d’été, que le petit Marceau se trouva face à trois petits chats. Un à un, il leur appuya sur la tête, délicatement. Et à chacun des chats qu’il touchait, correspondait un miaulement différent. Instinctivement, il se mit à jouer Big bisous, avec ces trois notes, puis soudain s’écria, avec une voix d’ado en train de muer : “Aah délire, j’ai inventé le piano chat !!”

    JB : Si tu devais également choisir un animal pour ton nom de groupe tu choisiras quoi ( pas le droit de dire le Koala, c’est trop facile après, tout le monde les aime) ?

    RZ : La vache, parce que j’adore le St Nectaire.

    JB : Tu es plus : Les Entrechats, les Aristochats, Cosmo Cat, la comédie musicale Cats ou Piano Chat ?

    RZ : Aristochat, c’est le seul truc dont je me souvienne.

    Piano Chat en concert le Mardi 26 Octobre à L’Ascot Pub de Vendôme.

    http://www.youtube.com/watch?v=TOw5tTKyPaw

  3. TINDERSTICKS

    Human before all.



    Thomas Belhom a participé de 2003 à 2009 aux albums solo de Stuart A. Staples puis à l’expérience Tindersticks sur l’album “The hungry saw”.

    Il pleuvait des concerts, des moyens, des grands, et même un jour un petit, dans un bar de Bruxelles. Un engloutissement de terrain avait recouvert une soixantaine de mineurs en Pologne. Le pays était en deuil, nous nous étions retrouvés coincés à l’aéroport de Bruxelles puisque le festival polonais était annulé. Ce jour-là, j’avais compris que les Tindersticks était une bande de copains. Nous voulions joués de la musique malgré tout. Stuart connaissait le patron du Grand Duc, un bar possédant un piano à queue. Une fois sur place, nous avions poussés les chaises. Dave s’était installé au piano. Nous étions agglutinés autour de lui, avec basse, guitare, caisse claire (& marracas ) ainsi que Terry Edwards au saxophone & trompette. Seul Stuart avait la posture de Julio Iglesias, debout, plus ou moins accoudé au piano avec un verre de spirit.  Il chantait dans cette petite sono. L’endroit devait contenir trois fois plus de gens que ce qui était autorisé. Je me souviens que les deux plongeurs du Grand Duc, qui devait faire un peu restaurant, venait de temps en temps par derrière regarder le concert et éclaboussaient ma caisse claire en applaudissant. Le lendemain nous étions à Faro au Portugal et avions joués sur une scène des plus démesurée entre Goldfrapp et Chemical Brothers.

    Jocelyn Borde tient sa plus belle interview.

    JB : Quel est le plat le plus incongru que les Anglais arrivent à manger ? 

    TB : Je n’ai jamais mangé anglais en Angleterre ou même ailleurs (vous en connaissez beaucoup vous des restos anglais ? ). Si ce n’est le petit déjeuner le dimanche chez Stuart à Londres qu’il faisait pour ses enfants : du bacon, des oeufs brouillés, des haricots à la sauce tomate marron. Il y avait aussi des saucisses végétariennes, c’était copieux, peut-être succulent mais je me souviens surtout qu’à chaque bouchée, le rire des enfants me claquait les oreilles.

    JB :  L’Angleterre est la reine de la pop music. En France, nous sommes les rois de quel style ? Quel est le meilleur album de pop Anglaise paru en France ?

    TB : En Angleterre , la pop music se nomme British Pop, elle peut même être fade mais globalement elle contient de si nombreuses perles. De par sa quantité, le pays a tendance à être nivelé par ce style de musique. J’écoutais hier plus ou moins par hasard un album de Blondie, “parallel lines” 1978, c’est incroyable comme c’est redoutable d’efficacité.
    La France c’est le pays des drôles de phénomènes, quasi inclassable, comme Edgar Varèse par exemple, un compositeur qui écrivait de la musique en quadriphonie alors qu’à son époque ce n’était techniquement pas possible. Il composa “Ionisation” en 1929, pièce pour 13 percussions et une sirène de pompier. Au début des années 50, il utilisait déjà des bandes sonores enregistrées dans ces oeuvres, en boucle ou pas. Un précurseur de la musique électronique!
    En France, il y a aussi bien sûr Gainsbourg qui se vantait de ne n’avoir jamais enregistré avec des musiciens français.. Mais aussi des types obscurs tel Gérard Manset, ou Phillipe Katerine aujourd’hui. En bien ou en mal, il me semble que l’instrumentation a moins d’importance que la poésie des textes pour les français.
    Avec les Tindersticks, nous jouions le même morceau des vingtaine de fois en bougeant le micro de 5 cm parfois ou en rajoutant 2 notes au vibraphone, tout ça était d’une importance colossale !

     JB : Ta chanson préférée dans l’oeuvre des Tindersticks ? Celle que tu prends le plus de plaisir à jouer ? 

    TB : Après la longue tournée des Tindersticks en automne-hiver 2008, je dois dire que nous avions atteint des sommets tant le groupe pouvait jouer de vrais chansons d’une manière totalement organique. Stuart avait toujours rêver de cette équilibre, pouvoir jouer une chanson simplement comme du folk avec une dimension volcanique, électrique chaotique mélangeant l’orgue, les cuivres et les violons.. Quelque chose que les Tindersticks devaient posséder à leur tout début sans même le comprendre. Là, avec l’âge, le recul, il était en mesure de comprendre et de composer ‘live’ , ensemble comme il disait. 
    Les nombreux concerts nous avait amener à pouvoir jouer en accélérant ou ralentissant les tempos tous ensemble les yeux fermés, ce genre de choses. 
    Puis je suis tombé gravement malade et j’ai dû m’écarter du navire pour me soigner…
    Avec l’arrivée de ce musicien Earl Harvin, à la batterie, et de David Kitt à la guitare et aux choeurs, il me semble qu’actuellement la tournure générale est devenu plus funky que volcanique, ce n’est pas un regret mais une évolution magnifique tant ce groupe survit aux époques. Si ma santé le permet je ne raterais pas ce concert à Vendôme, pour peut-être entendre ce morceau que j’aimais tant joué : (s)he’s gone. (http://www.youtube.com/watch?v=xIYiq-HqeeM).

    Tindersticks en concert le Lundi 1er Novembre au Théâtre du Minotaure à Vendôme.

    http://www.youtube.com/watch?v=w9G6idC9Fjg

  4. BOOGERS


    Revanche fanfaronne par Cédric Grouhan.

    Me voici sur le blog des Rockomotives ! Nous nous sommes tellement charrié avec Richard (directeur artistique du festival) avec son festival de popeux et lui avec mon groupe de Rock festif (La Ruda que j’ai managé 10 ans) que je n’ai plus une saloperie à balancer !
    Ce n’est pas grave, on me propose de me lâcher sur Boogers (que j’ai aussi managé un temps). C’est donc au titre de président de Radio Béton que j’écris aujourd’hui (et non pas au titre de régisseur de sa belle sœur. Scoop people => Claire Diterzi).

    Chacha, c’est son “vrai” prénom ; il s’est pointé il y a une petite quinzaine d’années à Béton pour faire le curieux. Il s’est assis et s’est mis à coller des timbres avec nous (je vous parle d’une époque où l’e-mail n’existait pas). Quand un auditeur rentrait, l’imberbe qu’il était faisait croire qu’il bossait dans l’équipe ! Quelques mois plus tard, il était embauché. C’était en quelque sorte mon assistant à qui je tentais de confier des responsabilités qu’il refusait, préférant faire des photocopies ou s’enfermer dans le studio pour nous pondre des jingles qui tournent encore sur nos ondes.
    Il bricolait déjà des chansons sur son 4 pistes quand je lui ai proposé de faire un Apérock pour Aucard de Tours. “Pas possip’, je ne joue que dans ma chambre”, “OK on va déménager ta chambre”. C’est comme ça que Boogers a fait son 1er concert dans son bordel/chambre sur la terrasse du café «Le Café».
    Plus tard, il aura joué pour Béton dans des conditions ultimes : en haut d’une nacelle (festival Aucard), 6h dans des toilettes (20 ans Béton), une descente en rappel d’un chapiteau en chantant (Aucard again). J’ai même fait de la batterie la jambe dans le plâtre, à un tremplin de la MJC de Joué les Tours où il avait décidé de faire le con.
    Mais outre le fait que Chacha soit prêt à tout pour se rendre intéressant, c’est une mine d’or musicale. Ce con m’a fait apprécié du Joe Dassin ou des musiques d’Elton John… alors qu’on venait de chialer sur un morceau des Clash et qu’il me faisait encore la démonstration de la qualité mélodique d’un bon vieux No FX des familles.

    Chacha à la radio c’est une perle. Il a animé quelques années sur le 93.6 et s’il fuyait les entretiens politiques il excellait dans les animations musicales. Il n’aime que les tubes mais les vrais, qu’ils soient un succès commercial ou d’un groupe destiné à aucun avenir. Il suffise qu’il donne envie de brailler le refrain dès la 1ère écoute pour que ce soit son morceau préféré. Je vous dis même pas le nombre de morceaux préférés de sa discothèque, entassés sans pochette à-même le tapis crado de son studio. Parce qu’amoureux-fou de la musique, ce petit branleur me rend dingue quand je vois comment il maltraite l’objet-disque. Ne lui demandez-pas où il a mis le master de son dernier album, il doit trainer là, entre ses instruments, un nœud de câbles, une carte son et des piles de CD’s et de vinyles dont près de la moitié a déjà servi de sous-bock.

    Je ne sais pas si ce portrait absolument subjectif donnera envie de voir Boogers sur scène, je ne crois même pas que c’est l’objectif de ce blog (mon cul sur la commode). Mais Boogers sur scène, c’est comme une petite paire de couilles, seule face à une audience de grosses bites. Jamais sûr de lui, il balance malgré tout sa musique décomplexée qui part dans tous les sens, assumant sa maîtrise des instruments, toujours limite, avec une sincérité réelle. A voir ou à revoir ce 29 octobre donc (et en plus il joue avec The Chap … ma révélation de l’année 2010).

    Jocelyn vous ramène un inédit.

    JB : Boogers n’a pas gagné le CQFD organisé par les Inrocks lors de sa participation. Doit-on se réjouir au regard de la teneur actuelle ambiance “Nouvel Observateur” des Inrockuptibles et son affiliation avec Mc Donald’s ?

    CG : Il a quand même remporté la 2ème place hè dis donc ! De toutes façons, il mérite tous les prix, même l’Oscar de la meilleure musique de film jamais sorti, sauf le Goncourt et le Prix de l’Académie Française (il n’a toujours pas décidé d’écrire en français). De toutes façons, Boogers ne lit pas, il ne regarde que les images. Et il y a de moins en moins d’images dans les Inrocks. Ou alors des gens qui font la gueule. Et puis fais gaffe à ne pas trop critiquer les Inrocks, ce sont vos partenaires quand même ! (oui, mais on quand même le droit de dire que la couverture elle sent pas bon).

    JB : Chacha a repris Bob Marley et l’a joué chez Stéphane Bern. Quel autre chanteur mort lui permettrait de faire un tube et de passer sur France Inter (ne pas citer Johnny, il a survécu) ?`

    CG :  Joe Dassin, “Les petits pains au chocolat”. Je ne me rappelle plus vraiment de l’état dans lequel j’étais mais il m’avait convaincu que c’était un morceau de Ska. A vous de juger : http://www.dailymotion.com/video/x1wgdc_le-petit-pain-au-chocolat_music. A le réécouter aujourd’hui (et à jeun) on y trouve un petit contretemps mais  ça sonne plus caraïbéen/Calypso.

    JB :  Boogers a autant de styles que de chansons sur son dernier album pourtant le tout reste cohérent . Peut on parler de partouzes stylistiques ou est on banni à vie de sa carte de presse pour utilisation de cette expression ridicule ?

    CG :  Contrairement à ceux qui ont des cartes de presse et qui trouvent que ce qu’il fait est génial-mais-c’est-difficile-d’en-parler car-ce-n’est-pas-homogène, Boogers est comme un gosse, sans à priori ni préjugé (sauf pour les humains et la Drum’n Bass).  D’ailleurs, j’ai mon gamin de 4 ans qui, me demandant ce que j’étais en train de faire sur mon “orninateur”, se mit à chanter : “Aïe loste my neungs ineuh smoying ahéha”.Si c’est bon, c’est bon. Point barre. Et de mon avis, les albums et les artistes qui restent et qui marquent leur génération sont ceux qui ne se sont pas cantonnés à un seul style : des Clash au Beatles en passant par Bowie et Gainsbourg.

    En concert le Vendredi 29 Octobre au Minotaure de Vendôme.

    http://www.youtube.com/watch?v=MMp68wXx9Ko

  5. RICHARD III

    Les Maternelles.



    Hello my name is : Franck Robert AKA Robert le Magnifique (http://www.myspace.com/robertlemagnifique).
    Je suis bassiste de formation fan de Primus, Red Hot, RATM & Cie .
    L’envie de scratcher me vient avec les Beasties Boys et Cypress Hill  et celle de musique électro avec les labels Ninja Tunes et Warp. Je fais ce boulot depuis une dizaine d’années, et j’ai croisé sur ma route le groupe Psykick Lyrikah (Arm et Olivier Mellano) et la Compagnie l’Unijambiste .

    Ma rencontre avec la Compagnie l’Unijambiste s’est faite grâce à Emanuelle Hiron qui est la femme de David Gauchard, le metteur en scène. Nous étions ensemble en maternelle. Pour une pièce David avait besoin de réadapter un morceau de Gorecki  (une pièce de musique classique). Je lui donc fait un remix façon Robert qui lui a beaucoup  plus et m’a donc proposé de la jouer en direct. Et voila comment je n’arrive plus depuis à me  débarrasser de cette compagnie. Ensuite sont venus Hamlet, Des couteaux dans les poules et Richard III. L’intérêt de travailler avec David, c’est que l’on utilise pas une simple bande sonore. Chaque morceau est réellement adapté aux mouvements de la pièce. Les comédiens et la musique ne font qu’un, autant d’un point de vu  rythmique que d’un point de vue émotionnel. Nous avons mis beaucoup de temps avant de trouver un langage commun,mais c’est ce qui créer désormais la marque de fabrique de la compagnie. En gros, tout le monde s’écoute. Il en aura fallu des apéros pour arriver à tout ça…
    Par contre, sur Richard III, je me suis retrouvé au chômage technique, car un certain Mellano m’a piqué mon taf ! Salaud ! Je me suis retrouv2 à jouer avec des  manettes Wii…

    Jocelyn Borde ne perpétue pas l’esprit d’équipe cher à Ribery.

    JB : N’en as tu pas marre de lire en chronique que vous avez passé Shakespeare dans un shaker ? Pourquoi cette obsession ?

    RLM : Le Shakespeare au shaker, c’est vendeur !!!
    La première fois que nous l’avons lu, c’était près de Lyon, au théâtre la Renaissance. C’est un lieu privé, du coup, il faut bien remplir la salle. Alors va faire venir des jeunes pour un Hamlet. Avec un shaker et des platines, c’est plus facile.
    Après, tu connais le copier, coller… Moi je me tape l’étiquette « homme orchestre » depuis dix ans. Je tiens à dire que nous n’avons rien secouer dans cette pièce on a juste fait de légèreS coupes dans le texte. Un bon Hamlet, ça dure quatre heures alors que le notre fait une heure vingt.

    JB : Olivier Mellano est un habitué des Rockomotives depuis ses débuts. Tu as bien une saloperie à balancer sur lui, ou sur quelqu’un d’autre de l’équipe ? Tu ne penses pas que ce Monsieur Mellano, il mange à tous les râteliers ?

    RLM : Haaaa Mellano !!!! Il est partout ce mec. Tout le monde croit que ce sont  Obispo et Goldman qui rafle toute la Sacem. Mais c’est Mellano ! Il existe une théorie sur lui. Ce sont des quadruplés. C’est impossible d’avoir autant de projets à la fois. Ou, il se fait cloner.

    JB : De nombreux acteurs filmés, c’est car un acteur sur la route c’est ingérable et ça a trop d’exigences de stars par rapport à un bassiste/Dj lambda des musiques actuelles qui demande juste un pack de bière et un matelas ?

    RLM : Mon cher Jocelyn, tu tapes dans le mille. Un acteur sur la route, il n’y a rien de plus chiant. Ça bois du thé et ça bouffe des fruits secs. David Gauchard est très impatient de bosser avec des hologrammes ou au pire des robots. Mais j’avoue que la technique lui coûte cher en bières.

    En représentation le Dimanche 24 Octobre au Théâtre du Minotaure à Vendôme.

    http://www.dailymotion.com/video/xdcjgo_richard-iii-mise-en-scene-david-gau_creation

  6. EL BOY DIE

    Remake Franco-Québécois d’« Hors d’atteinte ».



    Neman, occupation : batteur dans Herman Dune (
    http://www.myspace.com/therealhermandune) et Zombie Zombie (http://www.myspace.com/therealzombiezombie) , sinon, la terrasse du café au coin de la rue  le bourbon et les hauts sommets.

    J’ai rencontré El boy die dans le coffre d’une voiture de ses potes bordelais qui m’emmenaient à un concert de Ween à la Maroquinerie, à Paris, il y a bientôt dix ans de ça maintenant. Comme toute amitié qui se mérite, on a commencé par se regarder de haut, mais notre amour commun, pour des groupe comme Royal Trux ou les Make Up nous a vite rapproché !

    Ce que j’aime dans son approche de la musique, c’est qu’il aime plein de choses différentes, il est très curieux de tout ce qui a pu faire avancer la musique : des pionners du punk rock comme les Stooges, au Free jazz d’Archie Shepp. On peut passer des nuits entières à écouter des disques en fumant des clopes et en refaisant le monde à notre façon. Ca ne changera jamais je pense. Je l’ai vu joué à Montréal l’année dernière, où il a passé pas mal de temps baigné par l’univers des groupes Constellations. J’ai été très impressionné, l’énergie était là : il jouait de la guitare les nerfs à vifs, l’amplificateur à pleine puissance pour nous emmener faire des envolées soniques, voilà à quoi on peut s’attendre sur scène avec El boy die et j’espère que vous aurez l’occasion d’en faire l’expérience !

    Jocelyn Borde n’a pas le talent de Jack Black.

    JB : Top 5 de la musique triste qui nous rend heureux ?

    N : The Fall « The Man who’s head expanded »
    Don Cherry « symphony for improvisers »
    Suicide « Jukebox baby »
    Gil Scott-Heron « I’ll take care of you »
    Angelo Badalamenti/Julie Cruise « questions in the world of blue »

    JB : Top 5 de la musique joyeuse qui nous donne envie de passer par la fenêtre ?

    N : Althea& Donna Forrest « Uptown top rankin »
    Jonathan Richman « Since she started to ride »
    Otis Redding « that’s how strong my love is »
    Os Mutantes « Bat Macumba »
    The Shangri La’s « Remenber(Walking in the Sand) »

    JB : Top 5 des chansons politisées qui ne servent à rien

    N : No comment.

    En concert le Lundi 1er Novembre au Théâtre du Minotaure.

    http://www.youtube.com/watch?v=AYUiu2SVHa8

  7. GAETAN ROUSSEL

    La Ritournelle.

     
    Jocelyn Borde, Breton, tout sauf du matin, écoute beaucoup trop de musique indé et défend le mainstream dans les milieux spécialisés quitte à choquer ; aime les séries stupides sur les ados, la littérature jeunesse, les teen-movies américains et les comédies romantiques ; administrateur de Figures Libres, billettiste d’humeur chez les amis de Paplar…

    Gaëtan Roussel. Mon premier contact avec lui fut évidemment via Louise Attaque. J’avais entendu très tôt «Jt’emmène au vent» (avant son exploitation radiophonique j’entends, prétention premier acte) et j’avais intérieurement parié sur son succès. J’avais également le talent pour dénigrer tout ce qui n’était pas proche de mes gouts de l’époque (donc Iron Maiden, NTM et Doc Gyneco pour situer les spectres). Louise Attaque, je les ai balayé d’un revers de la main en prenant un malin plaisir à les confondre avec Matmatah. Tu penses avoir une conscience politique et être épris de romanesque car tu écoutes «Léa», on se retrouvera dans 10 ans en tant que trader Londonien le nez plein de Smecta vitaminé. Voilà le genre de réflexion puérile qui habitait ma réflexion. L’album a fait le carton que l’on sait, et après coup je me suis ravi de leur succès. Pas tant pour la qualité de leurs chansons, non car ce groupe y était arrivé sans accepter les dérives médiatiques. Le plus beau pied de nez à une industrie musicale avait donc été réalisé avec l’aide de pulls en laine immonde, (Dominique A a tenté le même tour de passe-passe en s’auto-flagellant dès ses débuts avec un pull informe en une du magazine qu’on aimait à appeler Inrock).

    Ma vraie rencontre musicale avec Gaëtan fut la sortie du troisième album de Louise «A plus tard Crocodile». Les Louise ne m’avaient certes pas berné avec un second album conçue comme une version musicale du casse de Nice de Spagiarri  (trop clinquant dans le sombre pour ne pas voir les affres). Malgré tout mon amour des mots m’avait permis de diverger vers les ritournelles et sauvé du snobisme musical Do It Yourself. Je me rendais compte que Souchon était un parolier de génie ( «La vie ne vaut rien», que Gaëtan a d’ailleurs repris avec un des groupes les plus sous estimés de France Déportivo, est hors concours dans sa construction et devrait être étudiée en classe de Français), et le rap Skyrock se recentrait trop sur les tournantes (non pas que cela ne m’intéressait pas mais je n’avais pas de caves à l’époque ; Booba me sauvera de ce marasme de la punch-line dans les années 2000). Indubitablement Gaëtan savait écrire. Des choses simples, direct, que l’on fredonnait, avec du sens en cadeau. Entre collègues on se gausse que dans 50 ans, on se souviendra plus de Miossec que de Jean-Jacque Goldman. Finalement, je n’en suis plus si certain. Rien n’est plus dur de toucher toutes les CSP. Miossec ne parle pas aux bienheureux par exemple, alors qu’une maman dépressive peut retrouver la foi avec «Elle a fait un bébé toute seule». Les faiseurs de tubes sont souvent des étoiles filantes (parfois ne chantent même pas, jurisprudence Plastic Bertrand), rare sont les carrières à ce niveau. La trilogie de Louise Attaque ne peut qu’être saluée pour sa constance et sa consistance.

    Leur rupture de contrat fut une étape importante. Ces mecs arrêtaient tant qu’il était encore temps ; pour préserver une amitié, des envies de musique, leurs vies. La grande machine ne les a pas bouffé. Ils sont humains, et c’est ce trait caractère qui m’a séduit définitivement. Ils ne voulaient pas d’une carrière à la Indochine. Regardons les choses en face, Les Musclés ne poursuivront jamais sans Framboisier. (Bernard Minet continuera par respect à se produire déguisé en Bioman en se trémoussant sur des barres ayant servi à essuyer le cul suintant de sperme d’anciennes actrices de X). Gaëtan m’a permis de comprendre que l’on peut être intègre et populaire.

    Vint l’épreuve du disque solo. Celui pour lequel Kurt Cobain s’est tiré une balle dans le buffet (je ne fais qu’inventer une nouvelle théorie pour remonter ce blog dans les statistique des Google). Un ami (membre de Montgomery pour balancer)  m’avait parlé d’une promiscuité consanguine avec du Patrick Sébastien pour le premier single «Help Myself». La sentence était cruelle, mais compréhensive. Ce clip mondialisant ambiance «faites tourner les serviettes chez les petits noirs» nous renvoyait au point de départ. Musique pour fans de cafés commerce équitable. Cette première impression n’a pu être sauvé par le live, car j’ai raté la première aux Trans Musicals 2009. J’étais présent mais occupé. A chercher l’ivresse, des réponses ; j’étais à mille lieux des ritournelles. Trèves de complaisances, revenons à la musique. Les avis furent unanimes (professionnels avides de têtes d’affiche rentables, public averti, badauds dans la rue) : ces concerts furent à chier. Trop de musiciens, trop d’influences, trop de prétention. 

    Alors j’ai fouiné sur le net. Car je sentais qu’il allait être de bon ton de de dénigrer. J’aime me positionner en porte à faux des liesses populaires. Il y eut une vidéo qui fit basculer définitivement la balance : «Dis-moi encore que tu m’aimes» shooté par Le Hiboo (http://www.youtube.com/watch?v=v_OxXyV4ltE)  . Cette chanson je ne lui trouve aucun défaut. Limpide, le genre de folk-songs que tout le monde rêve d’écrire sans jamais se l’avouer. Il faut croire qu’il n’est pas évident d’être un vendu quand on voit le peu de chansons populaires de qualité. Pour tous ceux qui doutent de mon jugement depuis le début, vous avez raison. Je trouve que «Chanson pour Patrick Dewaere» de Raphaël est une bonne chanson. Avec une âme, un lyrisme des beaux quartiers qui aimerait tant se salir que cela me touche. Une escort-girl n’est belle que si elle se pense pute. Je ne vais pas mentir en vous racontant que Ginger est mon album de l’année. Loin de là. L’album est bancal, parfois maladroit, mais aussi touché par la grâce fugacement. «Des questions me reviennent» et «Les Belles choses» sont deux textes précieux. Gaëtan a livré un premier album à 37 ans. Il y a tout mis, quitte à le rendre bordélique. Les disques imparfaits sont les plus attachants. Car ils ne sont pas livrés par égo mais par nécessité. Et ce disque m’était nécessaire.

    Un disque qui sied à une période de ma vie. Une période ou une personne a répondu à certaines de mes questions. M’a amené à reconsidéré l’amour. La chanson «Dis-moi encore que tu m’aimes», je l’ai écoute un millier de fois avant de rencontrer cette personne. Comme si je savais que ça allait être notre chanson. A chacune de mes primes hésitations à son égard, je me la passais.  A l’heure de notre premier baiser sur fond de pari vertigineux, cette mélodie trottait dans ma tête. Comme si le point de converge était enfin atteint : ma vie commençait sous de nouveaux auspices et je me souvenais des belles choses. Marie Barbara a croqué mon portrait (allez voir son blog pour constater que son regard ne m’embellit pas seulement. Rare sont les gens avec un univers bien à eux alors autant en profiter :  http://mariebarbara-drawings.over-blog.com/). Elle personnifie mieux que quiconque ce qui m’émeut dans l’écriture de Gaëtan. Ne pas avoir peur de dire aux autres des choses simples, ne pas hésiter à aimer, ne pas hésiter à franchir le pas de ses envies, ne pas arrêter d’y croire. La rencontre de cette demoiselle aux robes à fleurs m’est arrivé.  Je me suis rendu compte qu’aimer c’était facile. Aussi facile que de réussir ses lacets avec la technique des oreilles de lapin,  aussi facile que de sécher les cours pour Ferris Bueller, aussi facile que de faire tourner la maitresse en bourrique pour la classe du Petit Nicolas, aussi facile que l’émerveillement face à un livre de pop-up, aussi facile qu’une division avec une calculatrice, aussi facile que d’écrire notre ritournelle. «Et si on rejouait toutes les scènes, dis-moi encore que tu m’aimes». Quand je vous avais dit que j’aimais les comédies romantiques…

    Jocelyn Borde publie l’interview sans réponses qu’il aurait aimé soumettre à Gaëtan Roussel.

    1)      « Help Myself » a été un tube populaire dans le sens noble du terme. Te rends-tu compte que son succès a peut être été épargné le double en passages télévision et radio de René la Taupe (dont les auteurs, des publicitaires assez cyniques avouent avoir écrits cela sur un bout de table entre midi et quatorze heures)?

    2)      Deux collaborations avec Gustav Kervern et Benoît Delépine pour leurs derniers films (« Louise-Michel » et « Mammuth »). Qu’est-ce qui t’attire dans leur cinéma ? Y-a t-il une filiation dans votre amour apparent des parcours extraordinaires de gens que beaucoup considère à tort comme des ordinaires ?

    3)      « Ginger » est le nom de ton disque. Pourquoi ce titre « Rouquin » si l’on traduit littéralement ? Une envie d’affirmer ton appartenance à ce peuple parfois raillé, ou de composer la bande son officielle de la prochaine journée des roux qui a lieu tous les ans à Walibi en Belgique ?

    Vous n’avez qu’à imaginer les réponses.

    En concert le 28 octobre au Minotaure de Vendôme.

  8. DJ KRUSH

    Tags nippons.



    Monsieur Plume : gribouilleur de murs depuis plus de dix ans (http://www.myspace.com/mplume).

    Je ne sais pas quelle importance la platine vinyle de salon a pour vous, mais une chose est sure, c’est qu’elle n’aura jamais l’attention que Krush a eu pour les siennes. De l’égard et de l’intuition, vous devrez asservir à la votre, si vous souhaitez obtenir, ne serait ce que l’ersatz d’un scratch du maître.

    Subtil, fin, empli de travail et d’influences musicales,  Dj Krush narre la douce froideur d’une nuit japonaise. Depuis des années, il fait de l’ombre à sa comparaison la plus évidente, le non moins fameux DJ Shadow. Il impose d’ailleurs le style et l’élégance d’un Hip-Hop dans la plus pure tradition instrumentale. Ami(e)s du 90 BPM, du sample étudié et planant, du beat interminable et du passe-passe, c’est là que tout se passe ! Ce n’est qu’après son concert que vous pourrez vous gausser d’avoir vu LE monsieur qui a perçu le secret du tourne disque. Encore des septiques ?  Kemuri ! (http://www.youtube.com/watch?v=aVjgRlto8PI)
    Et comme dit un marseillais : “une musique pas faite pour cent personnes, mais pour des millions” avec Dj Krush à la production !

    Jocelyn Borde tape l’interview sur le zinc.

    JB : Quelqu’un qui n’a jamais lu un manga peut il comprendre la musique de Dj Krush ?

    MP : Je n’espère pas, sinon, dois-je obligatoirement : 
    Porter une vilaine moustache pour écouter Michel Sardou ?
    Prendre de la drogue pour regarder “ça se discute” ?
    Aimer les voitures roses intérieur moquette pour écouter Snoop Doggy Dog ?
    Et être homophobe pour fredonner Sexion d’Assaut ?

    JB : Les Djs sont-ils à la musique ce que sont les graffeurs à la peinture : des imposteurs ne faisant que pomper des techniques d’autrui ?

    MP : Que n’en déplaisent aux personnes biens pensantes et autres conservateurs lubriques, le Dj est le gardien du musée de la Musique, qui s’efforce d’embellir et d’exposer des créations afin qu’elles ne s’enfouissent pas.  Il cherche, analyse et restaure l’essence même des morceaux !
    PS. : pour les tagueurs ; message à caractère personnel. Jocelyn B. ne te gare pas devant le Minotaure (cela ne devrait pas être compliqué, je viens à pieds, ndJB).

    JB : Les Japonais sont ils le meilleur pour : le riz, le bondage, le bukkake ou plisser des yeux ?

    MP : Ayant peu fréquenté de cuisiniers japonais et n’ayant jamais vu un japonais rire aux éclats, je m’en référais à ma culture cinématographique : le bondage.

    En concert le samedi 30 Octobre au Minotaure de Vendôme.

    http://www.youtube.com/watch?v=wQO1iW6BDZ8

  9. MICE PARADE

    Le problème à l’envers

    (pour la petite histoire, la commande fut passée à Antoine Pasqualini à la ville dit Archwoodmann à la scène (http://www.myspace.com/archwoodmanntimber)  de parler de Mice Parade. Dans mes souvenirs confus nous avions déjà parlé de ce groupe. Il n’en était rien, il a découvert l’album « What it means to be left-handed » et Mice Parade en même temps ; l’exercice fut donc légèrement plus complexe).

    Mais pourquoi ? Pourquoi ?! Mice Parade. Moi-même. Trouver un lien, des souvenirs, une accroche, une attache. Jusqu’ici, jusqu’à ce qu’on m’en parle, RAS. A partir de là je n’ai pas de pistes, donc je dois interpréter voire sur-interpréter!

    Hypothèse numéro une : Quelqu’un (je connais ce quelqu’un) a dû deviner que ce groupe allait m’exaspérer (pour une raison que je finirais par trouver) et avec sa cruauté coutumière, a voulu m’infliger l’écoute de leur musique. En supplément de cette souffrance auditive, une rédaction (punition ultime) de 350 mots avec introduction, argumentaire construit et conclusion avec ouverture. Que mon bourreau soit prévenu, je peux souffrir en écoutant de la musique. Ne pas comprendre pourquoi je l’écoute c’est une autre paire de manches. J’ai quand même écouté…Par amour de la musique, par amour des Rockomotives ; spéciale dédicace, toi-même tu sais.

    Hypothèse numéro deux : ce fameux quelqu’un s’est dit avec la meilleure intention du monde que ce groupe me plairait vraiment avec pour postulat de base : “c’est un groupe de batteur, ça devrait te plaire”. Il s’en sort en effet pas mal, ce percussionniste, enchaînant entrelacs de ghost-notes, passements de toms, mesures incomplètes et complètes (avec un œuf-miroir s’il vous plait). Certaines mélodies très belles me rappellent parfois José Gonzales. Peut-être à tort. Malheureusement il semblerait que le batteur, et c’est le fondement de ce groupe (non?) soit devenu guitariste (plusieurs interprétations en rapport à sa sexualité peuvent être faites) et on ne saurait se méfier suffisamment d’un batteur devenu guitariste. Ce sont des bêtes affreuses et cupides dont l’égo ne connaît de limite et qui tyrannisent le personnel s’il ne marche pas au pas. Cible numéro une : le batteur qu’ils ont embauché (d’ailleurs secrètement ils rêvent de se cloner pour régler efficacement le problème). Pour ma part je ne suis plus abonné à Batteur Magazine depuis 1999.

    Hypothèse numéro trois et la dernière (puisque je sens que deux paragraphes de ma plume suffisent à endormir le lecteur, lecteur qui se trouve d’ailleurs avoir déjà hâte de retourner sur son compte facebook pour “checker si ça a uppé sur son statut”).

    Bien sûr j’ai déjà oublié ce que je voulais dire. Oui! La dernière partie de l’exposé est souvent la plus faible, celle qui permet de remplir la deuxième copie double en écrivant suffisamment grand, histoire de montrer au jury que vous en avez dans le ciboulot (souvent ça ne marche pas). Voici donc la troisième hypothèse : ce groupe est un bon groupe. Je vous avais bien dit que la dernière partie était le plus souvent la “patte morte” de l’exposé (qui nous tient ici à coeur, je tiens à le préciser). Je manque donc d’arguments, j’hasarde donc quelques observations pour appuyer mon propos : le monsieur joue bien de la guitare / c’est sensible, ça me rappelle les émois que j’ai pu avoir sur American Football ET c’est bien quand ça joue fort. En parlant de « fort » je tiens à ce propos à montrer mon appartenance au Groupe Français de Lutte Contre la Cocoonisation de la Musique Française d’Inspiration Anglo-saxonne (GFLCCMFIA). Je suis donc amener à mener quelques attaques verbales et actions “coup de poing” tels des bûchers de ukulélé, et des pamphlets traitant des dangers de la pratique de la musique en charentaises, au coin du poêle.

    Voilà qui était une grosse parenthèse… et gratuite en plus !

    Ça vous fait donc une belle jambe tout ça…Un conseil donc : n’écoutez jamais un batteur devenu guitariste, encore moins si celui-ci est redevenu batteur.

    Jocelyn Borde pratique l’auto-promo.

    JB : Sur ce nouvel album de Mice Parade, la première chanson équivaut à une piste cachée d’Amadou et Mariam.  As-tu déjà pensé à pratiquer le contre pied total et à placer un morceau de DNB (si tu sais pas lire cette abréviation c’est que tu es trop vieux, Drum’N’ Bass) sur ton album ( Mighty Scotland, sortie le 2 novembre chez Monopsone Records, en écoute ici : http://www.deezer.com/fr/#music/arch-woodmann/mighty-scotland-660185) ?

     AW : Je revendique moi-même l’influence de Roots Manuva sur ce nouvel album d’Arch.

    J’aime quand c’est bumpy et carrément booty : des rythmiques qui rebondissent, du marcel filet trempé et des blunts qui tournent dans le studio. Notre prochain album sera probablement enregistré dans un coin paumé du Nord-Pas-de-Calais, histoire de nous imprégné du meilleur jump style qui soit donné d’entendre en France.

    JB : Mice parade est le groupe d’un leader accompagné de pleins d’invités. Partages-tu cette idée de la musique dictatoriale ? Hitler aurait été un bon musicien ?

    AW : Quand on partage une idée, je suis d’accord qu’on en fasse quelque chose mais quand j’ai décidé que mon idée était la bonne, je fais tout pour l’imposer même si c’est de la merde et qu’on en fera rien. Je pensais pouvoir jouer au début avec cette idée de groupe à géométrie variable mais le groupe est un engagement trop fort pour que chacun ait en tête qu’il peut être remplacé du jour au lendemain. Tout ça c’est un fantasme à la canadienne, le principe de collectif appartient plus à un discours qu’à une réalité. Cela fait juste cool, mais ça ne prend pas en compte les conditions sociales de production de la musique, non pas que je sache ce que je veux dire.

    JB : Cela te fait de quoi de savoir que suite à la pochette de ton nouvel album, tous tes fans (ils sont au moins 12) vont t’apporter des petites roues pour ton vélo car manifestement tu ne sais pas en faire ?

    AW : S’ils font ça c’est qu’ils sont vraiment cons (normalement y a que Didier Super qui peut dire ça mais vu que tu viens de dire qu’ils ne sont que 12…).  Parce que le problème est que quelqu’un de mon immeuble a crevé mon pneu, que j’ai voulu roulé avec juste après et qu’il se trouve que Jean-Marie Heidinger (http://www.heidingerjm.com/) passait par là avec 30 kilos de matériel photo sur le dos (les coïncidences je vous jure). D’ailleurs si cette personne lit cet article et que j’apprends qui c’est,  j’irai souiller son paillasson. Non mais!

    Et pour tous ceux qui souhaitent découvrir le groupe de manière plus sérieuse, cela se passe par ici : http://kongfuzi-booking.org/blog/archives/569

    Mice Parade en concert le samedi 30 Octobre à la Chapelle Saint Jacques de Vendôme.

    http://www.youtube.com/watch?v=0BRJj6lEEYs

  10. MARVIN

    Les jolies colonies de vacances, merci papa, merci maman…
      

    Anthony Fleury 30 ans. Nantais mais Rabelaisien depuis 5 ans. Bassiste de Fordamage (Kythibong records, http://www.myspace.com/fordamage) qui sévit sur la scène noise française depuis 6 ans. Président de C Koi Ce Cirk (http://www.ckoicecirk.com/), une fantastique compagnie tourangelle de marionnette et école de cirque itinérante. Chargé de production et de subventions à Jazz à Tours, école tourangelle trentenaire de musiques, pour ce qui est de mon activité de salarié. Bénévole à la route du rock, commence tout juste la batterie et c’est dur. Deux religions : le vin et le fromage. Hétérosexuel, chausse du 42,  écoute en boucle depuis deux jours “una furtiva lagrima” chanté par Caruso et le LP de “The Dictaphone”.

    Le sud de la France (tranquillement). Montpellier, tournée printanière en 2009. Le Mojo, un caf-conc’ comme on aimerait en voir partout (à Tours, entre autres). 1ère partie de Zérö (qui joue Chinatown et R&R Star des feux Bastärd, un grand moment pour moi ne les ayant jamais vu). Mes acolytes de Fordamage les avaient avant cela invités à Rennes et à Nantes – les connexions se font, les choses se passent (Roy Heenock, http://www.roi-heenok.com/citations-roi-heenok-1.html) – et de picon en picon nous voilà embarqués ensemble pour vivres quelques dates un an après, en avril 2010, qui allaient devenir 7 jours de bonheur. Début des hostilités à L’Astrolabe à Orléans, petit tour de chauffe. On se souviendra du magnifique saut de l’un de nos hôte (dont je ne citerai pas le nom mais qui se reconnaîtra) en chute libre depuis le bar du club qui lui valu une bonne entorse au genou. Ensuite la flèche d’Or à Paris avec les copains de Papier Tigre et de Gablé pour la release party de « Hangover the top ». C’est beau de voir une salle bondée à la capitale pour ce genre de plateau électrique et surtout Fab, leur ingé son, en blonde. Mémorable.

    Puis la Belgique où l’on a, comme qui dirait, commencé à faire plus ample connaissance…. Les douceurs locales sont en effet propices à la convivialité (d’ailleurs on a une résidence de création prévue ensemble au Carlo Levi à Lièges, un lieu qui présente les conditions optimales pour développer la créativité). Enorme claque sur scène au magasin 4 (Bruxelles). Superbe reprise des DEVO en fin de set ! C’est là où j’ai véritablement commencé à entrer dans l’univers des Marvin. Un monde ou s’entrecroisent le vocodeur, des bends et riffs de gratte outrageants, des basses machiavéliques et surpuissantes le tout surplombé d’une rythmiques martelées et dévastatrice. Il y a des relents de hard rock et de new wave indus auxquels je n’étais pas habitué ni sensible à prime abord. C’est la manière de les associer à une structure punk et psyché qui les caractérise et fait toute l’originalité de ce groupe sur la scène rock française. S’en suivi une série de concerts où l’habitude est née de les inviter tous les trois sur le dernier morceau de notre set ; tout comme le fait de m’inviter à venir doubler Fredo sur ro-que-du-re. A Aucard de Tours par exemple où je ne m’y attendais vraiment pas. Tout comme me retrouver à pédaler jusqu’à Joué les Tours sous la pluie tracté par leur camion qui ressemble davantage à un déambulateur qu’à un tour bus.

    Notre aventure scénique n’en est qu’aux prémices. Je pense qu’il y aura bien d’autres situations cocasses à vivres ensemble ces prochaines années.

    Jocelyn Borde pourrait être embauché à Hard Force Magazine.

    JB : Que penser du fait que leur plus grand tube («Roquedur») puisse avoir sa place dans la set-list d’un concert de Skid Row ? Ne risquent-ils pas une fin de carrière à la Guns N Roses ?

    AF : 1) Que pourrait-il arriver de mieux à Skid Row ? 
          
    2) Si, complètement, surtout après cette magnifique couverture de Noise mag en avril dernier…. Sache que Fred en short avec un bandana ressemble beaucoup à Angus Young.

    JB : Marvin fait partie des 4 fantastiques avec la tournée « La colonie de vacances» (ils étaient accompagnés de Pneu, Electric Electric et Papier Tigre). Fordamage n’y est pas. Que s’est-il passé, ils avaient peur de tous se prendre la misère ?

    AF : Héhé. Nous n’étions pas très loin. Ils nous ont fait la part belle sur le double 45T, ça fait chaud au cœur. Mais ce sont eux qui ont distribué, de Tours à Toulouse, des centaines de salades de phalanges. J’en ai encore les traces sur la joue.
    Ce projet génial n’est que le début de multiples collaborations à venir. Il représente la porosité des styles de cette scène montante due avant tout à la franche camaraderie qui existe entre tous ces musiciens, à leur envie de faire, de creuser, d’expérimenter et de se marrer.

    JB : Cela ne te gène pas que ton batteur Pierre Marolleau ait 26 projets en même temps ? Lui les 35 h, il s’en moque, on peut donc faire du hardcore et être sarkoziste ?

    AF : Tout à fait. Son idole est d’ailleurs P. Lefebvre et je leur attribue volontiers une légère ressemblance. Et nous l’assumons tous les quatre ne serait-ce qu’au travers de nos textes revendicatifs pro ump. Le morceau « Mother fucker » en est un digne exemple.
    Ce qui me gêne n’est pas tant son militantisme politique révélé par son dur labeur mais davantage l’odeur qui se dégage de lui après trois heures de répète.

    En concert le Vendredi 29 Octobre 2010 au Foyer Bar du Minotaure de Vendôme.

    http://www.dailymotion.com/video/x4nqgv_marvin-live_music